Mamu minupuatetau minashkuau! Rêvez mieux ensemble la forêt!

November 22, 2018

Au matin du 8 novembre dernier, dans la grande salle du pavillon Gene H.-Kruger, une odeur de sauge brûlée venait se mêler à celle de l’habituel café des conférences universitaires et, tandis que l’écho d’un tambour résonnait, le tumulte de la foule s’évanouissait. C’est le premier colloque de la Chaire de leadership en enseignement (CLE) en foresterie autochtone, « Mamu minupuatetau minashkuau! Rêvez mieux ensemble la forêt! », qui prenait son envol. Le coup d’envoi fut donné par une cérémonie sacrée, animée par Diane Andicha Picard de la communauté huronne-wendat de Wendake.

Entre les murs de cette faculté où les sujets de discussion et de réflexion tournent la plupart du temps autour des sciences naturelles, la formule de l’événement était inhabituelle et appelait à l’ouverture - une ouverture toute tournée vers l’altérité. En effet, l’assistance était invitée à s'intéresser à d’autres cultures et d’autres idées; à celles des Premières Nations, dans un premier temps, mais aussi à celles proposées par les chercheurs d’autres départements et facultés, tels que ceux de droit, d’anthropologie et de sociologie, de l’Université Laval ainsi que d’autres universités québécoises et canadiennes.

 

 

D’une conférence à l’autre, les différents sujets abordés ont fait voyager le public. D’abord, à Mashteuiatsh, où Paul-Antoine Cardin, doctorant en sciences géographiques, a effectué un séjour de recherche engagée, afin d’élaborer un outil d’aide à la décision quant à l’évaluation des impacts cumulatifs du développement industriel sur les pratiques culturelles de cette communauté. Puis, l’assistance a été transportée, tour à tour, à Gespeg, où un projet de forêt communautaire s’élabore sous l’œil attentif de Denis Blouin, doctorant en sciences forestières; Wemotaci, où Noémie Gonzalez, doctorante en anthropologie, a étudié la collaboration multi-acteurs dans la gestion des feux de forêt; en Ontario, où le candidat au doctorat de l’Université de Waterloo, Nicholas Palaschuk, s’intéresse à la pluralité des valeurs et perspectives de la nation Crie de Missanabie, en matière d’aménagement forestier; et en Abitibi, où différents projets de recherche se déroulent sous la supervision d’Hugo Asselin, directeur de l’École d’études autochtones de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue. En bref, les conférences proposées ont permis de faire la rencontre d’une diversité d’acteurs qui ont su, grâce aux expériences et connaissances qu’ils ont partagées, renseigner le public et stimuler la réflexion en matière de foresterie autochtone.

 

Outre les conférences, différentes activités avaient été prévues, afin de mettre la culture autochtone en valeur. Par exemple, un atelier de langue innue, animé par Jérémie Ambroise, conseiller de l’Institut Tshakapesh, a permis d’apprécier les différentes sonorités de cette langue, de comprendre comment ses structures de phrase se distinguent de celles du français et de réaliser quelques (difficiles!) exercices de prononciation. De plus, le public a pu faire connaissance avec Yasmine Fontaine, Uapukun Rock-Vollant et Mélanie Paul, trois femmes autochtones fonceuses qui sont venues partager leurs histoires respectives. Enfin, une soirée culturelle a permis de terminer la journée sur une note festive et de rassembler les participants autour d’un cocktail dinatoire, au son de la musique du groupe Petapan, originaire de Pessamit. L’ambiance qui régnait dans la salle, lors de cette soirée, ne permet que d’en venir à une conclusion : cette journée fut une réussite!

 

 

Bravo et merci aux partenaires, bénévoles et organisateurs du colloque! Un merci tout spécial à Jean-Michel Beaudoin, titulaire de la CLE en foresterie autochtone, et à Delphine Théberge, professionnelle de recherche, pour avoir réalisé cet évènement.

 

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