Tournée en foresterie autochtone

April 10, 2019

 

Du 3 au 5 mars 2019

 

C’est dans le cadre de la tournée en foresterie autochtone que nous sommes partis, cinq étudiantes et étudiants, accompagné-e-s de Jean-Michel Beaudoin, titulaire de la Chaire de leadership en enseignement en foresterie autochtone. Une première dans le cadre du cours Introduction à la foresterie autochtone (FOR-4045 et FOR-7075). Nous avons visité Oujé-Bougoumou et Waswanipi, deux communautés cries à plus ou moins sept heures de route du campus universitaire. Au programme : visite du musée d’Oujé-Bougoumou, randonnée en raquettes, visite des lieux où s'effectue la confection des raquettes et du tannage des peaux d’orignaux, visite des bâtiments principaux des communautés, etc. Au menu, nous avons été choyés avec une fondue bourguignonne à l’orignal.

 

Nos activités préférées? Les réponses sont variées. La randonnée en raquettes durant laquelle nous avons pu discuter et échanger sur les différentes essences d’arbres environnantes auprès de Jean-Sébastien Roy, ingénieur forestier pour la communauté de Waswanipi, fut néanmoins un de nos coups de cœur, tout comme toutes ces rencontres avec les gens de ces deux communautés. Il est important de souligner l’accueil chaleureux reçu  durant ces deux journées riches en émotions et en apprentissages. Voici quelques témoignages des étudiant-e-s présent-e-s :

 

Apolline : « À Oujé-Bougoumou, je suis tombée sous le charme du musée relatant l’histoire des Cris, notamment avec l’exposition de la Convention de la Baie-James du Nord-du-Québec (premier traité moderne sur la reconnaissance de leurs droits ancestraux) et des découvertes archéologiques (témoins de l’appartenance des Cris envers ce territoire). À Waswanipi, l’organisation communautaire est telle que les ainés se sentent soutenus par les plus jeunes. D’une part, la communauté a ouvert un restaurant communautaire où tous peuvent y manger gratuitement (contribution volontaire). D’autre part, des maisons sont construites pour y accueillir des ainés qui pourront recevoir des soins infirmiers à domicile. Mon véritable coup de cœur a été de voir réunis autour d’une table les trappeurs cris, les industriels forestiers, les membres du conseil des Cris et ceux du Ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs lors d’une séance de consultation afin de trouver des arrangements. Pour finir, l’accueil à notre égard y a été très chaleureux »

 

Mario : « J’attendais ce moment avec impatience. La construction du village est surprenante, tout comme son mode de chauffage central qui est distribué dans tout le village où les cuves d’ébullition sont chauffées, entre autres, par des résidus de bois provenant du moulin à scie. Ce n'est pas étonnant que le village ait reçu un prix de l’UNESCO pour plusieurs critères entourant le développement durable, ainsi que pour son architecture. L’Institut Culturel Cri Aanischaaukamikw renferme des vidéos et un grand nombre d’objets explicatifs sur leur mode de vie. Dès notre arrivée à Waswanipi, notre hôte Jean-Sébastien Roy m’installe à la même table d’hommes et de femmes cris pour manger de l’orignal et de l’ours en leur compagnie. Régal pour les yeux et la panse...

Ensuite, nous sommes nous promener en raquettes. À notre retour au campement, c’est M. Sydney Ottereyes qui nous fait découvrir le processus de tannage de peaux d'orignal qu’opère six femmes cris à l’intérieur d’un immense tipi. Le temps qu’elles ont pris pour nous présenter leur travail est tout aussi touchant que la présence d’une ainée, Mme Jolly Saganash (94 ans) qui continue de faire le tannage des peaux d’orignaux. Respect! Le temps de route du retour m’a fait prendre conscience que le peuple cri est noble, accueillant et nous donne juste envie d’y revenir. »

 

Ève-Lyne : « Pour ma part, mon coup de cœur ne réside pas en un moment, mais bien en une attitude : cette attitude accueillante, chaleureuse et généreuse qui berçait chacune des rencontres. D’ailleurs, les repas de viandes sauvages partagés au chalet communautaire de Waswanipi témoignent de cette intention qui nous a permis de vivre des expériences rarissimes et mémorables. Par ailleurs, l’observation et la participation au processus de tannage des peaux d’orignaux, les conversations riches et constructives par rapport aux enjeux forestiers de la communauté ainsi que la beauté des lieux constituent selon moi les moments forts de la tournée ».

 

Nous souhaitons que les rencontres tissées par la Tournée en foresterie autochtone de mars 2019 se perpétueront et que les apprentissages se consolideront. Il faut se rappeler que la théorie et les lectures ne sont pas les seules formes d’apprentissage parfois, les déplacements et les rencontres sur le terrain valent bien plusieurs heures de cours.

 

Merci à Mario pour avoir agit à titre de chauffeur officiel !

 

 

 

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