Notre séjour de recherche à Wemotaci

Dans le cadre des bourses des communautés autochtones en foresterie (BCAF), Marie-Laure Lusignan et moi-même, Jeanne Desrochers-A., avons eu la chance de réaliser un stage exploratoire de 13 semaines durant l’été 2019 dans la communauté atikamekw de Wemotaci. Celle-ci est située à 115 kilomètres de route forestière au nord-ouest de la ville de La Tuque, en Haute-Mauricie. Les Atikamekw, ou Nehirowisiwok, représentent l’une des onze Nations autochtones au Québec. La réserve de Wemotaci a été créée en 1851 sur le Nitaskinan, c’est-à-dire le territoire ancestral. Elle occupe une superficie de 3 331 hectares et est située aux abords de Tapiskwan sipi, la rivière Saint-Maurice [1].

Le stage exploratoire comportait plusieurs objectifs. D’abord, le séjour prolongé avait pour but de favoriser notre compréhension du contexte socioculturel dans lequel s’inscrit la communauté. C’est dans cette optique que nous avons priorisé les rencontres, les échanges et les discussions. Pour ce faire, nous avons participé à de nombreuses activités au sein de la communauté. Nous avons notamment participé à la collecte des déchets, aux ateliers de la Maison des Jeunes, ainsi qu’au spectacle de fin d’année de l’école secondaire. Nous avons aussi partagé notre temps libre entre le jardin communautaire et les promenades en pickup sur le territoire. Ces implications nous ont permis de rapidement tisser de précieux liens d’amitié et de confiance.


En treize semaines, nous n’avons pu cerner qu’une infime partie de la richesse de la culture atikamekw. Malgré cela, ces échanges et ces rencontres nous auront permis de réaliser notre second objectif, soit celui de co-concevoir des projets de recherche bien ancrés dans les besoins du Conseil des Atikamekw de Wemotaci et de ses membres. En effet, lors d’une première présentation au Conseil des Atikamekw de Wemotaci, nous avons eu l’occasion de valider notre compréhension mutuelle de nos projets de recherche respectifs, mais aussi des enjeux qu’ils sous-tendent, tels que vécus par les Atikamekw. Ainsi, les membres élus de la communauté ont pu confirmer leur intérêt à collaborer sur ces projets et nous avons pu préciser les problématiques de recherche.

Plus concrètement, nous avons travaillé trois jours par semaine au sein du Conseil des Atikamekw de Wemotaci. Marie-Laure travaillait pour le Bureau de Gestion du Territoire (BGT), tandis que je travaillais pour le secteur du Développement social et de la main-d’œuvre (DSMO). C’est avec grande fierté que nous attestons de la satisfaction de nos superviseurs envers les tâches réalisées. De plus, en travaillant pour le Conseil des Atikamekw de Wemotaci, nous augmentions les chances que les membres de nos comités locaux de travail, et plus largement les participants issus de la communauté, acceptent de collaborer lors de nos collectes de données prévues à l’automne 2019.


Autrement, à l’extérieur du cadre du stage, nous avons eu l’occasion d’explorer le territoire en parcourant les sentiers pédestres avoisinants en compagnie des chiens de la communauté, ou encore, en profitant de la fraîcheur de la rivière Tapiskwan sipi lors de nos baignades. De plus, nous avons pu constater la beauté du Nitaskinan qui nous a offert ses nombreux couchers de soleil et son ciel recouvert d’un nombre incalculable d’étoiles que l’on ne peut admirer de nos centres urbains.



Quelques défis se sont présentés à nous lors de ce séjour. Pour ma part, l’adaptation aux moustiques était l’un de ceux-ci. De plus, s’habituer au rythme de vie de la communauté en a été un autre, incluant la vitesse du réseau Internet. En effet, ouvrir mes courriels pouvait bien prendre une vingtaine de minutes et ouvrir le Portail de l’Université Laval était impossible. Heureusement, malgré ces défis, l’ensemble du projet s’est révélé hautement bénéfique. Autrement dit, poursuivre un projet de recherche collaboratif, bien ancré dans les besoins et intérêts des membres de la communauté de Wemotaci, est une retombée inestimable de ce stage de recherche. En bonus, nous avons tissé des liens de confiance et d’amitié pour lesquels nous sommes immensément reconnaissantes.


Cet été, nous avons fait la rencontre d’une communauté accueillante, inclusive, dynamique et motivée. Qu’est-ce que nous aurions pu demander de mieux pour débuter ces projets de maîtrise avec confiance?


[1] Atikamekw Sipi. (2019). La Nation atikamekw : Fondements. Repéré à http://www.atikamekwsipi.com/fr/la-nation-atikamekw/fondements.


Gouvernement du Canada. (2015). Les Nations : Conseil des Atikamekw de Wemotaci. Repéré à https://www.aadnc-aandc.gc.ca/Mobile/Nations/profile_wemotaci-fra.html.