Patrice Bellefleur au Tableau d’honneur pour souligner l’excellence de son mémoire de maîtrise


En 2015, Patrice Bellefleur a gradué du baccalauréat intégré en environnements naturels et aménagés à l’Université Laval. Grâce à ses emplois étudiants qui l’ont mené à travailler au sein des communautés innues d’Essipit, Masteuiatsh et Pessamit, il a développé un intérêt particulier pour la foresterie dans un contexte autochtone. La poursuite des études vers la maîtrise lui a donc semblé être une voie intéressante pour développer un cadre de référence des pratiques forestières qui soit perçu comme culturellement approprié par Pessamit, communauté innue d’où il est originaire. C’est ainsi qu’après avoir fait la rencontre de Louis Bélanger et Jean-Michel Beaudoin, tous deux professeurs au département des sciences du bois et de la forêt, Patrice a décidé d’embarquer dans l’aventure de la recherche.

Par souci de faire avancer les pratiques et la recherche, mais surtout dans une perspective d’assurer le maintien de l’Innu aitun (mode de vie et culture des Innus) sur le Nitassinan (territoire ancestral des Innus) de Pessamit, il a choisi d’explorer le concept de E nutshemiu itenitakuat, pouvant se traduire par l’ambiance du territoire forestier. Ce concept représente un cadre de référence structuré autour d’éléments socio-culturels et écologiques et exprime le lien entre Innu aitun et le Nitassinan. Un tel concept ouvre ainsi la porte au développement d’outils et de pratiques culturellement appropriés. En définissant eux-mêmes leurs systèmes sur la base de leurs valeurs, leurs intérêts et leurs besoins, les communautés autochtones pourront ainsi bâtir leurs propres structures.

Pendant son parcours académique universitaire, Patrice a souvent tenté d’éclaircir, auprès des forestiers, la signification de la prise en compte des enjeux autochtones dans un contexte d’aménagement forestier. Son projet de recherche constitue une opportunité pour encourager des moments de partage et d’échange de connaissances entre autochtones et non-autochtones. Les leçons tirées de cette expérience sont nombreuses et le principal conseil qu’il peut donner aux étudiants est que le dialogue est un aspect crucial dans la réussite d’un projet. Il précise d’ailleurs qu’avant d’entamer tout projet de recherche avec les Autochtones, la réalisation d’un séjour prolongé au sein de la communauté est nécessaire pour saisir réellement le contexte local et les priorités de celle-ci. C’est de cette manière que l’étudiant pourra mener à bien la collaboration.

Patrice s’est de plus vu décerner une distinction au Tableau d’honneur de la Faculté des études supérieures et postdoctorales afin de souligner la qualité de son dossier dans le cadre du programme de Maîtrise en sciences forestières. Les membres du jury d’évaluation lui ont en effet attribué la mention « excellent » pour son mémoire de maîtrise. Ce fut pour lui une belle surprise et une forme de valorisation inattendue des travaux qu’il a réalisés. La CLE le félicite grandement et reconnaît son travail exemplaire qui rayonne déjà sur les projets futurs.

« C’est vraiment fantastique ce qu’a fait Pat. Pour son plus grand plaisir ou son plus grand malheur, je lui rappelle que ce n’est qu’un début, ce n’est pas une fin. J’espère pouvoir continuer à l’embêter au cours des prochaines années ». – Louis Bélanger

Le mémoire de Patrice Bellefleur est disponible à l'adresse suivante:

http://hdl.handle.net/20.500.11794/37053